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Amazonie et zones reculées : comment allier tourisme d’aventure et respect d’un biotope à protéger ?

Entretien avec Damien Lecouvey, formateur Get ready et spécialiste de la jungle.


Séjour en jungle avec Damien, dans le respect du biotope et de ses habitants - photos : Dominique Granger


Marine : Bonjour Damien, peux-tu te présenter rapidement ? Quelle est ton expérience en lien avec la jungle Amazonienne ? Pourquoi es-tu fasciné par ce biotope ?


Damien : Bonjour, je suis Damien Lecouvey, herpétologue et directeur de Time On Target, société spécialisée dans les stages de survie et l’accompagnement d’expéditions internationales ; je suis également membre depuis 2019 de la Société des Explorateurs Français. J’organise des séjours en forêt amazonienne avec ma société, et j’y fais régulièrement des expertises pour diverses émissions TV (Wild par exemple).


Je suis un amoureux de la jungle… Imaginez la possibilité de mettre votre pied là où probablement personne ne l’aura posé avant vous ! Où aujourd’hui peut-on vivre de tels moments ? Mon rêve est un jour de découvrir une nouvelle espèce, sachant qu’il y existe des centaines d’espèces animales non recensées à ce jour.


M : Justement, on voit en ce moment fleurir les offres de « stages » ou séjour en jungle amazonienne, qui mettent en avant le temps passé en autonomie et en connexion avec la nature, la rencontre avec des peuples locaux et l’apprentissage de leur culture ancestrale, la découverte de la faune et de la flore sauvage…


A ton avis, pourquoi le biotope jungle, et l’Amazonie, attirent-ils autant les voyageurs ?


D : Depuis toujours, la jungle rime avec inconnu, immensité, diversité mais aussi danger. Les gens cherchent à échapper à la pression quotidienne de leur vie courante, et veulent sortir de leur zone de confort, voyager différemment. Loin des hauts lieux touristiques, je pense que beaucoup de voyageurs cherchent une sensation d’exclusivité, mais aussi une meilleure compréhension de la planète sur laquelle ils vivent.


M : Oui, en gros, nous cherchons l’isolement, la déconnexion face à toutes les choses superflues du quotidien, et la reconnexion à des choses plus authentiques, encore vierges de notre empreinte. Mais je m’interroge justement…


Avec toutes les questions autour du respect des zones reculées, la protection de l’environnement, le droit des peuples à disposer d’eux même (et donc à limiter les contacts avec les autres, ou au contraire à développer une économie qui leur est propre), penses-tu qu’ouvrir la porte de l’Amazonie au tourisme est une chose plutôt bénéfique pour en favoriser la conversation, ou un risque majeur pour la nature et les hommes qui y habitent ?